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Le bucheron et Mercure

La fontaine à fables - By Plum'FM

5 min 39 sec 23 septembre 2026

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Une fable, c'est une histoire courte qui vise à instruire le lecteur tout en le distrayant. La fable qui va suivre va être découpée en 2 parties. Dans la première, Lafontaine va expliquer sa démarche poétique. En reprenant plusieurs exemples, il explique qu'une bonne fable doit être écrite avec simplicité et élégance afin de plaire au lecteur tout en lui transmettant une leçon morale. Il utilise l'humour et les animaux pour dénoncer les défauts humains et faire de ses fables un reflet de la société et du monde. C'est en quelque sorte un manifeste de l'art de la fable chez La Fontaine.

Ayant expliqué cela, il va par une habile transition introduire Mercure qui est, entre autres, le messager des aventures galantes de Jupiter aux belles dames, mais qui dans cette histoire va avoir un autre rôle.

Ici en effet, un bûcheron coupe du bois au bord d'une rivière lorsqu'il laisse tomber sa cognée dans l'eau. Désespéré, car cet outil est indispensable à son travail, il se met à pleurer. Le dieu Mercure apparaît alors et propose de l'aider. Il plonge dans la rivière et remonte d'abord avec une cognée en or. Le bûcheron affirme que ce n'est pas la sienne. Mercure revient ensuite avec une cognée en argent ; le bûcheron la refuse également. Enfin, Mercure rapporte une simple cognée en fer, que le bûcheron reconnaît immédiatement comme étant la sienne.

Pour récompenser son honnêteté, Mercure lui offre les trois cognées. Un autre homme, ayant appris cette histoire, décide de tromper Mercure pour obtenir des richesses. Il jette volontairement sa cognée dans l'eau et prétend que la cognée en or est la sienne. Mercure découvre le mensonge et le punit en ne lui rendant même pas sa véritable cognée.

Encore une fois, cette fable va opposer l'honnêteté à la cupidité : Le premier bûcheron est sincère et modeste. Il ne cherche pas à profiter de la situation. Le second est avide et malhonnête. Il veut s'enrichir sans effort. L'honnêteté sera récompensée, tandis que la tromperie et l'avidité finissent par être sanctionnées. La Fontaine montre aussi qu'il ne faut pas chercher à obtenir davantage que ce qui nous appartient légitimement.

Pour résumer, qui reste honnête gagne la confiance et parfois davantage ; qui ment par cupidité risque de tout perdre.

Le bucheron et Mercure

Votre goût a servi de règle à mon ouvrage.
J'ai tenté les moyens d'acquérir son suffrage.
Vous voulez qu'on évite un soin trop curieux
Et des vains ornements l'effort ambitieux.
Je le veux comme vous ; cet effort ne peut plaire.
Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire.
Non qu'il faille bannir certains traits délicats :
Vous les aimez, ces traits, et je ne les hais pas.
Quant au principal but qu'Esope se propose,
J'y tombe au moins mal que je puis.
Enfin si dans ces Vers je ne plais et n'instruis,
Il ne tient pas à moi, c'est toujours quelque chose.
Comme la force est un point
Dont je ne me pique point,
Je tâche d'y tourner le vice en ridicule,
Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule.
C'est là tout mon talent ; je ne sais s'il suffit.
Tantôt je peins en un récit
La sotte vanité jointe avecque l'envie,
Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie.
Tel est ce chétif animal
Qui voulut en grosseur au Boeuf se rendre égal.
J'oppose quelquefois, par une double image,
Le vice à la vertu, la sottise au bon sens,
Les Agneaux aux Loups ravissants,
La Mouche à la Fourmi, faisant de cet ouvrage
Une ample Comédie à cent actes divers,
Et dont la scène est l'Univers.
Hommes, Dieux, Animaux, tout y fait quelque rôle :
Jupiter comme un autre : Introduisons celui
Qui porte de sa part aux Belles la parole :
Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui.

Un Bûcheron perdit son gagne-pain,
C'est sa cognée ; et la cherchant en vain,
Ce fut pitié là-dessus de l'entendre.
Il n'avait pas des outils à revendre.
Sur celui-ci roulait tout son avoir.
Ne sachant donc où mettre son espoir,
Sa face était de pleurs toute baignée.
O ma cognée ! ô ma pauvre cognée !
S'écriait-il, Jupiter, rends-la-moi ;
Je tiendrai l'être encore un coup de toi.
Sa plainte fut de l'Olympe entendue.
Mercure vient. Elle n'est pas perdue,
Lui dit ce Dieu, la connaîtras-tu bien ?
Je crois l'avoir près d'ici rencontrée.
Lors une d'or à l'homme étant montrée,
Il répondit : Je n'y demande rien.
Une d'argent succède à la première,
Il la refuse. Enfin une de bois :
Voilà, dit-il, la mienne cette fois ;
Je suis content si j'ai cette dernière.
Tu les auras, dit le Dieu, toutes trois.
Ta bonne foi sera récompensée.
En ce cas-là je les prendrai, dit-il.
L'Histoire en est aussitôt dispersée ;
Et Boquillons de perdre leur outil,
Et de crier pour se le faire rendre.
Le Roi des Dieux ne sait auquel entendre.
Son fils Mercure aux criards vient encor :
A chacun d'eux il en montre une d'or.
Chacun eût cru passer pour une bête
De ne pas dire aussitôt : La voilà !
Mercure, au lieu de donner celle-là,
Leur en décharge un grand coup sur la tête.

Ne point mentir, être content du sien,
C'est le plus sûr : cependant on s'occupe
A dire faux pour attraper du bien :
Que sert cela ? Jupiter n'est pas dupe.

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