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Le geai paré des plumes de Paon

La fontaine à fables - By Plum'FM

2 min 46 sec 22 April 2026

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La fable raconte l’histoire d’un Geai qui, profitant de la mue d’un Paon, s’empare de ses plumes pour se donner l’apparence d’un oiseau magnifique. Fier de ce plumage emprunté, il se mêle aux Paons, persuadé qu’ils le prendront pour l’un des leurs. Mais la supercherie est vite découverte : il est moqué, dépouillé de ses fausses plumes, puis chassé. Lorsqu’il tente de retourner parmi les Geais, ceux-ci — qui comptent pourtant eux aussi des imitateurs et des voleurs de gloire — le rejettent à leur tour.

La référence finale aux plagiaires est une attaque directe contre ceux qui se parent des œuvres d’autrui pour briller. Ce n’est pas une simple morale abstraite : La Fontaine vise une situation très concrète de son époque. Au XVIIᵉ siècle, il est régulièrement accusé par certains critiques de puiser trop librement chez Ésope, dans les récits antiques ou dans des sources orientales, et donc de manquer d’originalité. Ces reproches viennent surtout de moralistes et de partisans d’une littérature plus rigide, qui supportent mal son art de la réécriture.

En évoquant les plagiaires, La Fontaine se défend avec subtilité : il distingue l’inspiration légitime — la sienne — du vol pur et simple — celui du Geai. Il ridiculise ses détracteurs en suggérant que les vrais imitateurs sont ceux qui l’accusent. Il revendique aussi son talent : reprendre une matière ancienne n’est pas copier, mais transformer, enrichir et recréer.

Ainsi, La Fontaine règle ses comptes avec humour et finesse, en utilisant l’allégorie plutôt que l’attaque directe, et conclut avec élégance que ces querelles de plagiat ne le concernent pas.

Le geai paré des plumes de Paon

Un Paon muait : un Geai prit son plumage ;

Puis après se l'accommoda ;

Puis parmi d'autres Paons tout fier se panada,

Croyant être un beau personnage.

Quelqu'un le reconnut : il se vit bafoué,

Berné, sifflé, moqué, joué,

Et par messieurs les Paons plumé d'étrange sorte ;

Même vers ses pareils s'étant réfugié,

Il fut par eux mis à la porte.

Il est assez de geais à deux pieds comme lui,

Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui,

Et que l'on nomme plagiaires.

Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui :

Ce ne sont pas là mes affaires.

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