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Le vieillard et ses enfants

La fontaine à fables - Gant Plum'FM

4 mn 17 sec 17 Mezheven 2026

Er rann-mañ
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Abadennoù sevenadurel

Une fable, c'est une histoire courte qui vise à instruire le lecteur tout en le distrayant. Dans celle qui suit, la morale sera présentée dès la première phrase : "Toute puissance est faible, à moins que d'être unie". C'est une manière de dire que l'union fait la force. A ce propos, savez vous que ce proverbe "L'union fait la force" est la devise nationale d'Andorre, de l'Angola, de la Belgique, de la Bolivie, de la Bulgarie, de la Géorgie et de la Malaisie.

Pour l'illustrer, voici l'histoire largement inspirée d'Esope que Lafontaine nous propose :

Un vieillard, sentant sa fin proche, rassemble ses trois fils et leur montre un faisceau de flèches liées ensemble. Il leur demande de les casser, mais aucun n’y parvient. Puis, il sépare les flèches et les brise une à une sans effort. Il leur explique que l’union fait la force et leur demande de rester unis après sa mort.

Les fils promettent, mais dès que le père meurt, les conflits d’intérêt, l’ambition et l’envie les divisent. Ils se disputent l’héritage, se font attaquer par des créanciers et des voisins, et finissent par tout perdre, ayant oublié la leçon de leur père.

La Fontaine illustre ici que l’union et la solidarité sont les fondements de la force, tant pour les individus que pour les groupes. La fable démontre ensuite que, malgré les promesses, les intérêts personnels et les divisions mènent à la faiblesse et à la ruine. L’union est une valeur fragile, souvent sacrifiée pour des querelles mesquines.

Cette leçon s’applique à tous les niveaux : familles, entreprises, pays. La division affaiblit, l’union protège et renforce. La Fontaine, en s’inspirant d’une histoire antique, rappelle une vérité intemporelle : la force réside dans la cohésion, pas dans l’individualisme.

Le Vieillard et ses enfants

Toute puissance est faible, à moins que d'être unie :

Ecoutez là-dessus l'esclave de Phrygie.

Si j'ajoute du mien à son invention,

C'est pour peindre nos mœurs, et non point par envie ;

Je suis trop au-dessous de cette ambition.

Phèdre enchérit souvent par un motif de gloire ;

Pour moi, de tels pensers me seraient malséants.

Mais venons à la fable, ou plutôt à l'histoire

De celui qui tâcha d'unir tous ses Enfants.

Un Vieillard prêt d'aller où la mort l'appelait :

Mes chers enfants, dit-il (à ses Fils il parlait),

Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble ;

Je vous expliquerai le nœud qui les assemble.

L'Aîné les ayant pris et fait tous ses efforts,

Les rendit, en disant : Je le donne aux plus forts.

Un second lui succède, et se met en posture,

Mais en vain. Un Cadet tente aussi l'aventure.

Tous perdirent leur temps, le faisceau résista :

De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata.

Faibles gens ! dit le père, il faut que je vous montre

Ce que ma force peut en semblable rencontre.

On crut qu'il se moquait, on sourit, mais à tort.

Il sépare les dards, et les rompt sans effort.

Vous voyez, reprit-il, l'effet de la concorde.

Soyez joints, mes Enfants, que l'amour vous accorde.

Tant que dura son mal, il n'eut autre discours.

Enfin, se sentant prêt de terminer ses jours :

Mes chers Enfants, dit-il, je vais où sont nos pères.

Adieu, promettez-moi de vivre comme Frères ;

Que j'obtienne de vous cette grâce en mourant.

Chacun de ses trois Fils l'en assure en pleurant.

Il prend à tous les mains ; il meurt ; et les trois Frères

Trouvent un bien fort grand, mais fort mêlé d'affaires.

Un Créancier saisit, un Voisin fait procès :

D'abord notre trio s'en tire avec succès.

Leur amitié fut courte, autant qu'elle était rare.

Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare.

L'ambition, l'envie, avec les Consultants,

Dans la succession entrent en même temps.

On en vient au partage, on conteste, on chicane.

Le Juge sur cent points tour à tour les condamne.

Créanciers et Voisins reviennent aussitôt ;

Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.

Les Frères désunis sont tous d'avis contraire ;

L'un veut s'accommoder, l'autre n'en veut rien faire.

Tous perdirent leur bien, et voulurent trop tard

Profiter de ces dards unis et pris à part.

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