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L'avare qui a perdu son trésor

La fontaine à fables - Par Plum'FM

3 min 17 sec 01 juillet 2026

Dans cet épisode
on discute :

Émissions culturelles

Une fable, c'est une histoire courte qui vise à instruire le lecteur tout en le distrayant. Dans celle qui suit, comme son titre l'indique, Lafontaine va critiquer ici l’avarice et l’accumulation stérile.

En effet, Un avare cache son trésor dans la terre et passe ses journées à ruminer sur son or, sans jamais en profiter. Un fossoyeur découvre la cachette et vole l’argent. Fou de douleur, l’avare se lamente à qui veut l'entendre. Un passant lui demande pourquoi il s’afflige tant pour un trésor qu’il n’utilisait jamais. « Mettez une pierre à la place, elle vous vaudra tout autant », lui répond-il, soulignant l’absurdité de sa situation.

Posséder sans jouir, sans utiliser, sans partager, revient à ne rien posséder du tout. L’avare, obsédé par son trésor, en est en réalité l’esclave de ce métal. La vraie richesse réside dans l’usage que l’on fait de ce que l’on possède, pas dans la simple accumulation. La fable invite à vivre pleinement, à profiter de ce que l’on a, et à ne pas se laisser dominer par la possession matérielle.

L'Avare qui a perdu son trésor

L'usage seulement fait la possession.

Je demande à ces gens de qui la passion

Est d'entasser toujours, mettre somme sur somme,

Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme.

Diogène là-bas est aussi riche qu'eux,

Et l'avare ici-haut comme lui vit en gueux.

L'homme au trésor caché qu'Esope nous propose,

Servira d'exemple à la chose.

Ce malheureux attendait,

Pour jouir de son bien, une seconde vie ;

Ne possédait pas l'or, mais l'or le possédait.

Il avait dans la terre une somme enfouie,

Son cœur avec, n'ayant autre déduit

Que d'y ruminer jour et nuit,

Et rendre sa chevance à lui-même sacrée.

Qu'il allât ou qu'il vînt, qu'il bût ou qu'il mangeât,

On l'eût pris de bien court, à moins qu'il ne songeât

A l'endroit où gisait cette somme enterrée.

Il y fit tant de tours qu'un Fossoyeur le vit,

Se douta du dépôt, l'enleva sans rien dire.

Notre avare, un beau jour ne trouva que le nid.

Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire.

Il se tourmente, il se déchire.

Un passant lui demande à quel sujet ses cris.

C'est mon trésor que l'on m'a pris.

Votre trésor ? où pris ? Tout joignant cette pierre.

Eh sommes-nous en temps de guerre

Pour l'apporter si loin ? N'eussiez-vous pas mieux fait

De le laisser chez vous en votre cabinet,

Que de le changer de demeure ?

Vous auriez pu sans peine y puiser à toute heure.

A toute heure, bons Dieux ! ne tient-il qu'à cela ?

L'argent vient-il comme il s'en va ?

Je n'y touchais jamais. Dites-moi donc, de grâce,

Reprit l'autre, pourquoi vous vous affligez tant,

Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent :

Mettez une pierre à la place,

Elle vous vaudra tout autant.

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