Une fable, c'est une histoire courte qui vise à instruire le lecteur tout en le distrayant.
Dans celle qui va suivre, Lafontaine va faire intervenir Socrate, le célèbre philosophe grec du Ve siècle av. J.-C. ce personnage est connu comme l'un des "fondateurs" de la philosophie. Pourtant, il n'a laissé aucun écrit, sa pensée et sa réputation se sont transmises par des témoignages indirects.
Ici Socrate fait construire une maison. Chacun critique son ouvrage : certains trouvent l’intérieur indigne de lui, d’autres jugent la façade médiocre, et tous estiment que les pièces sont trop petites. Socrate répond avec sagesse : « Plût au Ciel que de vrais amis, telle qu’elle est, elle pût être pleine ! » Il souligne ainsi que, même modeste, sa maison serait trop grande si elle devait accueillir tous ceux qui se prétendent ses amis.
La Fontaine dénonce l’hypocrisie et la superficialité des relations humaines. Beaucoup se disent amis, mais peu le sont vraiment. Socrate, par son ironie, rappelle que la vraie amitié est précieuse et rare, et qu’il vaut mieux avoir peu d’amis sincères qu’une foule de faux amis.
Aujourd’hui encore, avec les réseaux sociaux et les relations virtuelles, on peut avoir des centaines de « contacts », mais combien sont de vrais amis ? Faites le compte autour de vous.... Cette fable invite à la prudence et à la valeur de l’authenticité dans les relations.
Parole de Socrate
Socrate un jour faisant bâtir,
Chacun censurait son ouvrage.
L'un trouvait les dedans, pour ne lui point mentir,
Indignes d'un tel personnage ;
L'autre blâmait la face, et tous étaient d'avis
Que les appartements en étaient trop petits.
Quelle maison pour lui ! L'on y tournait à peine.
Plût au Ciel que de vrais amis,
Telle qu'elle est, dit-il, elle pût être pleine !
Le bon Socrate avait raison
De trouver pour ceux-là trop grande sa maison.
Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose.
Rien n'est plus commun que ce nom ;
Rien n'est plus rare que la chose.



